« Où vont les oiseaux pendant les cyclones et les autres tempêtes ? On m’a posé comme une question ! ! !
Non, les oiseaux réunionnais ne prennent pas la direction de Maurice dès qu’un grain menace. Leur trajectoire est bien moins prévisible, et pourtant, ils ne laissent rien au hasard. Certains, équipés d’un organe appelé pratympanique, perçoivent les changements de pression et anticipent la dégradation du temps. Le bulletin météo, ils l’ont dans les plumes.
À la Réunion, difficile de s’offrir un abri solide face à un cyclone. Les oiseaux marins, eux, disposent d’une autre stratégie : ils peuvent choisir de rester en mer et de contourner la tempête, ou patienter au large avant de rejoindre la terre ferme, particulièrement pendant la saison de reproduction. Une question de timing et d’instinct.
Et lorsque la tempête éclate ?
Les oiseaux, comme nous, cherchent un abri. Ceux qui vivent en ville, moineaux, cardinaux, tourterelles, martins, tirent parti de nos constructions. Les toits, les anfractuosités des bâtiments, les recoins à l’abri du vent : la ville regorge de refuges improvisés. Il existe même cette vidéo d’un faucon qui, face à la tempête, s’est réfugié dans un taxi. Les solutions sont parfois inattendues.
Pour les oiseaux des forêts, la partie se corse. Ils doivent improviser avec ce que leur offre la nature.
Voici les différents moyens qu’ils utilisent pour échapper au vent et à la pluie :
- Se réfugier dans les grands arbres, où les troncs massifs coupent les rafales
- Rester accrochés, immobiles, parfois des heures durant
- Se cacher au sol, dans des cavités, derrière des rochers ou dans les creux de ravines, là où le vent s’essouffle
Mais la tempête n’épargne pas toujours ses hôtes. Les dangers sont multiples : objets projetés, collisions, fatigue extrême, hypothermie pour ceux qui finissent détrempés. La liste des risques est longue et la sélection naturelle fait son œuvre.
Et pourtant, c’est justement la violence de ces cyclones qui a façonné l’avifaune réunionnaise. Les petits oiseaux, tec-tec, oiseau blanc, oiseau vert, n’auraient jamais pu traverser l’océan à la force du vol. Mais lors de tempêtes, certains se sont retrouvés portés par les vents jusque sur l’île, y trouvant un nouveau territoire à conquérir. Paradoxe de la nature : ce qui menace en masse peut aussi permettre des colonisations inattendues.
Avant et après les coups de vent, la vigilance reste de mise. Observer le ciel, guetter les visiteurs venus d’ailleurs, c’est parfois assister à l’arrivée d’espèces rescapées d’un autre rivage. D’un cyclone peut naître la surprise : l’aile d’un inconnu, le chant d’un voyageur imprévu.










